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22 - Le Mesnil Frémentel

Mis à jour le 18 mai 2018

 

Le nom "mesnil" est issu du terme gallo-roman masionile qui a donné "maison", prononciation "méni". Ce mot, apparu aux environs du Xe siècle se rapportait à un domaine agricole. Selon certains, "Frémentel" est une déformation du mot "fromentel" désignant une terre à blé. D'autres, relevant que la forme écrite la plus ancienne (XIVe s.) était Le Mesnil de Froitmantel, indiquent que les diverses formes anciennes de ce type toponymique reposent sur l'ancien français froit mantel ou l'ancien normand freit mantel, ce qui laisse à penser à une zone boisée, la forêt ayant pu être le (froid) "manteau du pauvre".

La paroisse du Mesnil Frémentel était une exemption appartenant à l'abbaye de Fécamp.

Le village a été rattaché à la commune de Cagny en 1826.

 

L'église du Mesnil dédiée à Saint-Barthélémy, a été placée au XVIIIe siècle sous l'invocation de Saint-Clair.

Elle fut en partie décrite par Arcisse de Caumont en 1846 :

La nef est romane. On y voit des fenêtres étroites et des murs en arêtes de poisson caractéristiques des constructions de l'époque normande (XIe-XIIe siècles). Un tourillon à deux baies, surmonté d'un fronton triangulaire assez aigu, porte sur un de ses côtés l'inscription suivante, qui en donne probablement la date :

+

1607

M.F.

C.V.

Il y a eu au Mesnil Frémentel plusieurs curés du nom de Cauvet ; on suppose que l'un d'eux a fait construire ce tourillon porte cloche en 1607 et qu'on doit interpréter les lettres M.F.C.V. par Me Fecit CauVet (fabriqué par moi, Cauvet).

Le dernier office y fut célébré, semble-t-il, en novembre 1925. L'église a été endommagée lors des combats de juillet 1944. La cloche est exposée dans le hall de la mairie de Cagny.

Chapelle du Mesnil Frémentel
La chapelle du Mesnil Frémentel dans l'entre-deux-guerres.

 

Saint Clair statue

L'église abritait les statues de saint Barthélemy et de saint Clair, toutes deux du XVIIe siècle. La première n'a pas résisté aux intempéries. L'autre représentant saint Clair en diacre et tenant dans sa main le sommet de son crâne, est exposée dans la chapelle de l'église Saint-Germain de Cagny.

Grafiti

Graffitis

Des graffitis remarquables :

Certains graffitis représentent des croix funéraires marquées d'un point à chaque extrémité. Aux XVIIe et XVIIIe siècles une pratique courante dans la région consistait à substituer ces croix gravées sur les murs des églises aux croix de bois qui marquaient l'emplacement des tombes en terre dans le cimetière, devenant ainsi des sortes de tombes virtuelles, lieux de souvenir et de prière pour les familles.

Un autre graffiti (côté nord également) représente un enfant porté par un oiseau, peut-être pour rappeler la présence de la sépulture d'un enfant à proximité, celle d'un "petit ange"…

Victimes de la guerre

Pendant l'occupation allemande, deux malheurs ont particulièrement touché le hameau :

>Maurice Arrot, cheminot à la gare de Caen, se livrait à de nombreux actes de sabotages sur le matériel et les infrastructures. On a soupçonné son beau-frère de l'avoir dénoncé à la Gestapo. Il fut arrêté au Mesnil Frémentel le 16 mai 1944 en présence de sa femme et de son fils de 6 ans. Interné à la maison d'arrêt de Caen, Maurice Arrot a été fusillé le 6 juin 1944 avec plusieurs de ses camarades.

>Bernard Piton, enfant de 8 ans, fut tué le 6 juillet 1944 par un obus anglais venant de la région d'Hérouvillette.

Maurice Arrot
Maurice Arrot (Coll. Christian Arrot)

La prise du Mesnil Frémentel

Cinq semaines après le débarquement allié du 6 juin 1944, la partie est de Caen était toujours occupée par les Allemands. Montgomery décide donc de lancer une grande attaque ayant pour buts de dégager la ville de Caen et de progresser vers Vimont, Bourguébus, voire Falaise, si tout se passe bien. C’est l’opération Goodwood des 18, 19 et 20 juillet 1944. Cette attaque est la plus massive que les Alliés aient lancé sur le front de l'Europe occidentale.

Ainsi le 18 juillet c'est à la 8e Rifle Brigade, unité d'infanterie portée britannique, que revient la charge de "nettoyer" le hameau du Mesnil Frémentel.

Ses ordres sont d'avancer derrière les chars du 23e Hussars et d'assurer la sécurité du Mesnil Frémentel pour parer une contre-attaque ennemie venant du sud-est (Cagny).

Le Lieutenant-Colonel J.A. Hunter, commandant du régiment, rapporte :

"Le Mesnil est tenu par un nombre considérable de fantassins allemands, mais ils sont trop hébétés par le bombardement aérien et la rapidité de l'avance pour offrir une grande résistance. Le nettoyage par les pelotons à pied de mitrailleuses moyennes commence à 10 heures 30. Ils sont couverts par les autotractés et aidés par les engins d'assaut du Génie Royal [22e Dragoons]. Vers 11 heures 30, l'endroit est nettoyé et les positions défensives installées."

L'intensité et l'efficacité des tirs des mitrailleuses des chars contraignent l'Oberleutnant Gerhard Bandomir, chef de la 3e Compagnie du 1er Bataillon du 125e Panzergrenadier, à donner l'ordre de reddition.

La première mission de la journée de la 8e R.B. est un succès. Elle a fait 134 prisonniers.

 

Le lieutenant Gerhard Bandomir (à gauche) en compagnie du lieutenant-colonel Hans von Luck
Le lieutenant Gerhard Bandomir (à gauche) en compagnie du lieutenant-colonel Hans von Luck, qui commandait le groupe de combat situé au centre du dispositif allemand de la 21 Panzer Division.

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Lien vers le pupitre 2 - Opération Goodwood