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Patrimoine

Mis à jour le 07 février 2018

INDEX

L'église Saint-Germain
La chapelle du Mesnil-Frémentel
Le Prieuré de Cagny
La fontaine Sainte-Radegonde

 

 

L'église Saint-Germain

Au siècle dernier l’église se composait d'une nef romane (datant probablement du XIIe siècle), d'un chœur et d'une tour datant, eux, de la seconde moitié du XIVe siècle.
La nef, qui n'avait pas de caractéristique particulière, a été entièrement détruite lors des bombardements de 1944.
Le chœur, en contrebas par rapport au niveau actuel du terrain, se trouvait pourtant plus élevé que la nef. Au siècle dernier il possédait une jolie crédence à deux baies qui n'existe plus. La verrière du chevet, avec ses 12 rais et la vierge était imposante.

 

A l'extérieur, sous la corniche, des modillons à têtes grimaçantes semblaient se moquer du passant. Ces figures, que peut-être croyait-on impies parce que faisant de laides grimaces, ont été transformées en informes moellons par une stupide mutilation vers 1830.

La tour comporte sur sa face Sud, un joli cadran solaire datant de 1692 et restauré en 1994. Il porte l'inscription :

"ASTA REGUNT HOMINES SED DEUS ASTRA REGIT"

ce qui signifie : "Les astres régissent les hommes mais Dieu régit les astres".

La sacristie actuelle a pris la place d'une petite pièce d'environ 10 m² construite par les seigneurs de Cagny pour leur usage. Elle qui communiquait avec le chœur par un passage d'arcs ternés en ogive très harmonieux. On peut encore admirer cet ouvrage.
La sacristie se trouvait du côté sud du chœur, c'est-à-dire du côté de la route de Paris.
La croix du chevet de l’ancienne église est l'œuvre d'Antoine Lagarigue, également auteur du calvaire extérieur érigé en 2004.

Le bénitier, acquis par la commune en 2001, avait été offert par les habitants de la commune de Cagny à M. le Vicomte et Mme la Vicomtesse de Viennay. La vicomtesse de Viennay était en fait Brigitte Costé de Triquerville, fille du maire et châtelain de Cagny. En 1863 (ou en fin 1862), Brigitte (20 ans) épousa Georges Pineau, Vicomte de Viennay (23 ans). Leur bonheur fut de courte durée puisque le 11 décembre 1863, Brigitte décédait à Hyères (Var).

Outre la petite cloche de l'horloge marquant les heures, le clocher compte deux grandes cloches baptisées en 1818 des noms de "Antoinette" et "Pauline"  Elles ont été remises en service par un système électrique en 1982.

La tour et l'ancien chœur ont été classés par les Monuments Historiques en 1903.

La petite cloche des heures qui se situait tout en haut du clocher s'est trouvée fêlée lors du bombardement de juillet 1944 et l'horloge détériorée. Le mécanisme et la nouvelle cloche sont entrés à nouveau en fonction en 1968.

La nouvelle nef, consacrée en 1960, a été construite avec les dommages de guerre de l'église Saint-Barthélémy du Mesnil-Frémentel et de la nef de l'église Saint-Germain de Cagny.
Son pignon ouest et l'obturation de l'ancienne nef sont recouverts d'un essentage de châtaignier.
Les 24 vitraux figuratifs sont l'œuvre de Simone Vaulpré-Delaisement de St-André sur Orne.

En 1995, le mur du chevet a été doublé de plaquettes récupérées sur un mur ruiné du terrain de foot-ball qui datait du début du XIXe siècle. Il accueille une petite statue en bois de St-Germain ainsi que les têtes des statues de saint-Germain et sainte-Radegonde qui encadraient l'autel de l'ancienne église. En 2009, le major Tony Brady (Irish Guards), vétéran qui avait participé à l'opération Goodwood, a fait don à l'église d'une statue de saintt-Patrick, patron des Irlandais.

 

La chapelle du Mesnil-Frémentel

Dans les textes anciens, le Mesnil Frémentel se nommait Esmale Meisnillum. Esmale est un mot d'origine francique (smalt) qui signifiait "émail". Il existe actuellement un champ sur le territoire de la commune de Frénouville qui s'appelle "les Emalés". Le Mesnil Esmale peut donc avoir un rapport avec l'émail ou tout simplement avoir été nommé du nom du propriétaire du lieu à l'époque romane. Il aurait changé de nom à l'époque carolingienne en référence à la richesse de ses terres qui produisent beaucoup de froment.

L'église du Mesnil dédiée à saint-Barthélemy, a été au XVIIIe siècle sous l'invocation de saint-Clair. Au début du XVIIe siècle, il existait une parcelle de terre entre le Mesnil et Cagny, sur le territoire de Cagny qui s'appelait "saint-Barthélemy". Il est fort probable qu'au Moyen Age il existait en fait deux églises, l'une à cet endroit dédiée à saint-Barthélémy, et l'autre, à l'emplacement de l'actuelle chapelle du Mesnil, dédiée à saint-Clair. La première n'étant plus utilisée et étant tombée en ruines, on en a transféré le saint dans la seconde, ce qui expliquerait la dualité de l'invocation de la chapelle du Mesnil.

Cette église nous est en partie décrite par Arcisse de Caumont en 1846.

La nef est romane. On y voit des fenêtres étroites et des murs en arêtes de poisson caractérisques des constructions de l'époque normande (XIe-XIIe siècles). Un tourillon à deux baies, surmonté d'un fronton triangulaire assez aigu, porte sur un de ses côté l'inscription suivante, qui en donne probablement la date :

+ 1607  M.F.C.V.

Il y a eu au Mesnil Frémentel plusieurs curés du nom de Cauvet ; on suppose que l'un d'eux a fait construire ce tourillon porte cloche, en 1607, et qu'on doit interpréter les lettres M.F.C.V. par Me Fecit CauVet (fabriqué par moi, Cauvet).

Au maître-autel est un tableau portant des armoiries à trois mîtres d'or. Ces armoiries étaient celles de l'abbaye de Fécamp.

Le Mesnil Frémentel faisait en effet partie de l'exemption que possédait Fécamp dans les environs de Caen et dont Argences était le chef-lieu.

En 1941, trois ans avant qu'elle soit démolie par les bombardements, Fernand Enguerrand, dans "Trésors d'Arts Religieux du Calvados", décrivait ainsi la chapelle du Mesnil Frémentel :

"Elle a cet avantage d'avoir gardé intact son aspect intérieur, ses lambris Louis XV qui décorent nef et choeur, son vieux mobilier et spécialement, un banc de famille très développé avec un buffet Louis XV à usage de caisses d'archives. Le retable en pierre, très simple, comporte un tableau, bonne copie, m'a-t-il paru, du Christ en croix de Philippe de Champaigne.

"De chaque côté deux grandes statues en pierre de haut intérêt :

  • Saint Barthélemy tenant un livre (beau jeu de draperie, figure expressive, vivante et comme parlante, une belle chose).
  • Saint Clair, en diacre et tenant dans sa main le sommet de son crâne la figure est jeune et personnelle, la dalmatique curieusement traitée. Quelques déclamations dans l'une et l'autre statue, ce qui les situe assurément au XVIIe siècle.

"En cette chapelle du Mesnil de Cagny un tableau, bien qu'en fâcheux état, mérite particulièrement attention : il représente Saint-Pierre à qui l'artiste a donné comme caractéristique son coq.

"A noter encore au Mesnil de Cagny, six vieux candélabres en bois, une croix processionnelle (XVIIe) et une vielle lanterne sonnante pour le port du viatique."

Le dernier office y fut célébré, semble-t-il, en novembre 1925.

Depuis les bombardements de 1944, elle est à l'état de ruine.

Le prieuré de Cagny

Le prieuré de Cagny a été créé vers 1109 par Hélie de Cagny qui donna à l'abbaye de Troarn une part des dîmes des quatre églises qui existaient alors à Cagny.

C'est autour des années 1173-1178 que le prieuré prit sa physionomie définitive. La chapelle de Notre-Dame des Moustiers que nous connaissons aujourd'hui a été construite à cette époque. Guillaume Sérans, seigneur de Cagny, fit installer au prieuré trois prêtres et un diacre. Deux siècles plus tard, il comptait encore trois moines. Mais vers 1510, il fut "mis en commende" et quelques dizaines d'années plus tard, on cessa d'y envoyer des religieux, malgré une nouvelle tentative en 1640 qui échoua.

A la fin du XVIe siècle, un prêtre venait y dire la messe tous les vendredis.

Dans des documents de 1564, 1588, 1644 et 1729, on apprend que le prieuré était enclos de murailles, qu'il s'étendait sur une surface de 7 acres (presque 4 ha) contenant plusieurs maisons manables (habitables), cours, jardins, chapelle, colombier, tour, granges, pressoir, escuries, etables, remises. En 1614 il existait également un moulin à vent.

Aux lendemains de la Révolution, les Mesnage de Cagny l'achetèrent ainsi que ses terres comme bien national. Il est resté dans les mains de cette famille jusqu'en 1991 quand la dernière propriétaire, Madame de Nicolaÿ, l'a vendu à M. Viel.

Actuellement, le prieuré rappelle la grande ferme typique de la Plaine de Caen qu'il était. L'aile sud présente un certain intérêt. Elle date de 1699. A l'angle nord-est se dresse la chapelle de Notre-Dame des Moustiers.

Voici la description qu'en a fait en 1968 Lucien Musset, professeur émérite à l'Université de Caen :

"Son plan est un rectangle assez court, dont les grands côtés sont grossièrement orientés de l'ouest à l'est et dont les angles sont épaulés de massifs contreforts. D'autres contreforts plats à ressauts, plus minces, y forment extérieurement quatre travées inégales. L'appareil des murs, en belle pierre de taille calcaire, est extrêmement soigné. La travée occidentale, est occupée par un grand portail roman, légèrement décentré, qui ouvre sur la cour. Sous un gable triangulaire assez grossier, refait au XVIIIe siècle, qui supportait sans doute jadis un porche en charpente, trois archivoltes en plein-cintre sont inscrites l'une dans l'autre. Les deux rouleaux extérieurs sont dépourvus de tout ornement, sans doute depuis une réparation déclarée nécessaire par un devis de 1724. Il semble qu'un tympan occupait autrefois le centre de la composition. Une seconde porte en plein-cintre, étroite et sans décor, donnait accès à la première travée du chœur. Chacune des trois travées orientales est percée au premier étage d'une fenêtre en plein-cintre cernée d'une moulure torique ; ces fenêtres ont été remaniées. Le pignon occidental est percé d'une grande baie en plein-cintre également ornée d'une tore ; une fenêtre gothique avait remplacé la baie symétrique du chevet. Une croix antéfixe romane, inscrite dans un cercle, subsiste au sommet du pignon oriental (cette croix est tombée depuis).

Prieuré Cagny

Prieuré

Charpente et toiture ont disparu depuis 1944 et l'aspect actuel est infiniment pénible."

C'est pourquoi une association avait été créée en 1968 pour restaurer cette chapelle, l'Association des Amis du Prieuré. Une charpente avait même été trouvée. Elle a disparu avant d'être montée. Cela a suffi à décourager les membres de cette association qui, malgré leur bonne volonté se sont heurtés à la mauvaise volonté des uns, à l'inertie des autres et surtout au désintérêt de la population d'ailleurs relayée par son conseil municipal qui n'avait donné qu'un soutien de principe à ce projet.

La fontaine Sainte-Radegonde

Dans une courbe de la rue de la poste (autrefois rue du Bout des Recarts et rue de la Fontaine) on distingue, en bordure de la propriété, une grande construction dont la discrétion cache l'existence. Insérée dans un écrin de verdure entre la rue et l'étang, c'est un endroit agréable, ombragé, dont le calme est propice au repos et à la méditation.

Il s'agit de la source de Sainte-Radegonde.

Grotte

Elle sourd en contrebas d'un petit escalier de trois marches et s'étend sur quatre à cinq mètres carrés. Cernée de rochers artificiels, elle se situe au centre d'une construction composée sur trois côtés de grands arcs surbaissés sobrement ornés de grappes de raisin et de feuilles d'acanthe. Le quatrième côté, adossé à un grand mur de propriété mitoyen de la rue, supporte une jolie reconstitution de grotte en rochers artificiels au milieu de laquelle se dresse, à plus de deux mètres de hauteur, la statue de Sainte-Radegonde réalisée en pierre de Caen en 1998 par le sculpteur caennais Roland Moulin. A ses pieds, trois margelles en forme d'étagère permettent de poser des fleurs, des cierges, des offrandes : de l'argent, mais aussi de tout petits sacs de toile contenant de l'avoine qui se trouvait picoré par les oiseaux.

Presque au ras du sol, sur la droite, accolé au mur, on peut lire le début d'un poème que voici :

"En ces temps obscurcis des cendres du passé

Quel est ce rayon plongeant dans l'eau profonde

Attirant fascinant tout ce peuple lassé

C'est ton sceptre royal Sainte-Radégonde

O Reine ô sainte ô mère égide des souffrants

Ange de la patr... "

Le reste est cassé. A en juger par les traces de la partie manquante c'est environ la moitié du poème qui a disparu. Il était signé d'une dame, peut-être la châtelaine de Cagny, ou une de ses proches (Madame de...), peut-être madame d'Aubigny, les mémoires ne sont plus très sûres.
On l'ignore quand cette source a été dédiée à Sainte-Radegonde. A en juger par la plaque émaillée retrouvée en …. lors de sa restauration (DUMAS, Marbrier rocailleur rue Ecuyère à Caen) la construction date probablement du début du XIXe siècle.
Louis Mesnage jouissait d’une grande estime de la population. Officier de Napoléon, de retour de captivité en Russie, il fut maire de 1815 à 1824 et procéda à à un remembrement de ses terres.
On pense que c’est à cette occasion que fut édifiée la fontaine Sainte-Radegonde.
Autrefois, cette source était connue dans la région pour ses vertues thérapeutiques des maladies de peau. Avant la guerre des gens venaient en taxi puiser de son eau dans des bouteilles en grès. Les cas de guérison étaient nombreux, dit-on.
L'eau de la source soignait aussi les maladies des yeux. En 1990, on a encore vu des gens venir y prendre de l'eau.