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Cagny

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Histoire

Mis à jour le 27 avril 2018

Index

L'homme aux bifaces
Nos ancêtres les Gaulois
Le culte du dieu Mercure
Premières églises
Au temps de "la" duché
Hennins et poulaines
L'Ancien Régime
Citoyens, chez "le roy" !
Au temps des dentellieres
Les premiers trains
La cité du cheval
L'entre-deux-guerres
L'occupation allemande
La Libération
La reconstruction
Masse cuite et vergeoise blonde
D'un siècle a l'autre
Le blason de Cagny
La devise de Cagny

Ces pages, consacrées à l'histoire de Cagny sont extraites du livre "Cagny depuis toujours" de Jean-Paul Hauguel,
édité par la mairie de Cagny © en 1994
(244 pages) S.G.L. n° 42206.

Vous pouvez également consulter les informations des pupitres du parcours touristique ici

 

L'homme aux bifaces

(Néolithique)

A Cagny, aux environs de Petitot, on a trouvé des pierres polies vieilles de 4 à 5000 ans et dans les alentours du Prieuré deux bifaces et une herminette en pierre polie qui datent du Néolithique.

Au Nerval, on a découvert du mobilier en pierre taillée tel que pointes de flèches à aileron, rabots unifaces, etc.

Ainsi, au Néolithique, des hommes choisissent-ils cette contrée pour s'installer. Ils deviennent sédentaires en découvrant l'agriculture : la culture qui remplace la cueillette et l'élevage d'animaux domestiqués, plus efficace que la chasse.

La toponymie, peut nous laisser conjecturer l'existence possible d'un tumulus à Cagny, au lieu-dit  la Hoguette. En effet, cette appellation dérive du mot normand "hogue" désignant une butte, un tertre, mot souvent associé dans la région à l’existence de tumili.


Herminette -en sombre- et bifaces du Prieuré

Nos ancêtres les Gaulois

(L'âge des métaux)

Au temps des Gaulois, il existe à Cagny plusieurs fermes et habitations, fortin, résidence aristocratique, etc. datant de l'âge du bronze (2000 à 1500 ans avant Jésus Christ) à l'âge de fer (Tène 750-200 avant J.C.).
Certains enclos agro-pastoraux, qui peuvent être liés à des sites d'habitation, sont encore visibles. Les indigènes cultivent des céréales rustiques dans des champs qu'ils ont gagnés petit à petit sur la forêt qui couvre encore une bonne partie du territoire de la commune.
Un réseau assez conséquent de chemins à doubles fossés permet de relier les fermes entre elles. Situé au sud-est d'une zone de marais, Cagny est probablement déjà à cette époque un lieu de passage important car obligé.
Cagny est également le siège d'une certaine activité religieuse car on a retrouvé de nombreuses traces de sépultures et l’on peut en outre penser que les temples romains de l’époque suivante auront pris la place de lieux de culte celtes.


Site d'un aedifica gaulois au Prieuré

Le culte du dieu Mercure

(Période gallo-romaine)

De nombreuses traces de l'occupation romaine ont été découvertes à Cagny et dans ses environs : pièces de monnaie, villa du Ier au IIIe siècle après J.C., borne milliaire de Frénouville, etc.
A Petitot, on a trouvé en grande quantité des tuiles de l'époque gallo-romaine, ainsi qu'une statuette de bronze représentant le dieu Mercure, patron des voyageurs. Cet endroit est l'emplacement d'une villa gallo-romaine, installée à proximité immédiate de l'ancienne ferme gauloise.
La toponymie nous renseigne également. Au XVIIe siècle, il existait à Cagny, pas très loin du centre du village actuel, quatre lieux dénommés masures. Ce nom désigne d'anciennes maisons ou fermes gallo-romaines.
Les Romains s'installent à la place ou à proximité des fermes gauloises. Une villa dotée de thermes est construite au Poirier. Le déboisement se poursuit.
Cagny joue un rôle religieux important puisqu’on y a dénombré pas moins de quatre sanctuaires caractéristiques d’un site frontalier, temples du type fanum, entre les territoires des Lexovii (Lisieux) et des Viducasses (Vieux). On y prie avant d’affronter les périls du voyage.
Le village est donc un petit vicus entouré  de domaines que l’on retrouvera, cinq siècles plus tard, avec des noms se terminant par « ville ».




Statuette du dieu Mercure de Petitot

Premières églises

(La période romane)

A partir du Ve siècle, des invasions barbares affectent notre région où le pouvoir romain n'est plus représenté.
La plaine de Caen et plus particulièrement les environs immédiats de Cagny sont bien pourvus de témoignages du Bas-Empire et surtout de l'époque mérovingienne.
L'Église contribue alors à la fusion des populations de la région. C'est pendant cette période que l'on assiste à la fondation d'églises dédiées à Saint-Germain et Saint-Martin.
Le site d'habitat groupé de Cagny se dote d'un sanctuaire, en l'occurrence Saint-Germain. Et les autochtones prennent l'habitude d'enterrer leurs morts aux abords de cette église.
A l'époque carolingienne, aux VIII-IXe siècles, les hameaux satellites de centres paroissiaux se nomment "mesnil". C’est le cas du Mesnil Frémentel (mesnil "du froment") dont les terres sont vraisemblablement défrichées à l'arrivée des Normands.
Le fait qu'il existe encore au Moyen Age cinq sanctuaires sur le territoire de la commune laisse supposer une pérennité de l'importance religieuse du village.



Compas - face et profil -, pince à étirer le métal - VI s.- et bandage herniaire - VII s.- trouvés dans la nécropole de Frénouville.

 

Au temps de "la" duché

(La période normande)

Officiellement, Cagny devient normand en 924. De l'époque normande datent les noms en "tot" (ferme) qu'on retrouve encore sur le territoire communal au XVIIe siècle, Petitot, Grandtot Metot et Criquetot.

Au début du XIIe siècle, il existe cinq églises sur le territoire du village. Saint-Germain est l'église mère, celle de la paroisse. Saint-Martin, Saint-Vigor et Notre-Dame sont toutes les trois situées au Prieuré. La cinquième est la chapelle Saint-Jacques de la Maladrerie (léproserie à l'entrée de la cité de la sucrerie).

Les fiefs de Cagny se trouvent réunis à la fin du XIe siècle entre les mains d'une seule héritière prénommée Hadwise. Celle-ci épouse Hélie, fils de Roger Fitz Reinfrey, qui prend le nom de Hélie de Cagny. En 1109, Hélie de Cagny se fait moine et donne à l'Abbaye de Troarn les dîmes des trois églises de Cagny qu'il possède et la moitié de celles de l'église mère (Saint-Germain). Hélie est enterré à l'abbaye.

A l'époque de Guillaume le Conquérant, le tracé de la route de Paris n'existe pas entre Cagny et Bellengreville. Pour aller à Lisieux, on emprunte l'actuelle impasse du château d'eau et on passe près de l'église de Frénouville.

Un autre axe important est le chemin saunier. On extrait le sel à Varaville et Sallenelles. On l'achemine ensuite depuis la côte par Escoville et Cagny vers le sud.

La vie des habitants de Cagny à cette époque n'est certainement pas de tout repos. Ils sont témoins et peut-être acteurs d'un événement important dans notre région : la bataille du Val ès dunes qui oppose en 1047 le jeune Duc Guillaume à ses barons rebelles.


Equipement d'un chevalier du XIe s.

Hennins et poulaines

(La Guerre de Cent Ans)

Au début du XIVe siècle, lorsque se déclare la guerre contre l'Angleterre, la Normandie est une région prospère. On cultive la vigne à Cagny. Le bétail y est très abondant.

Mais en juillet 1346 Edouard III met à sac la ville de Caen et dévaste la région. Pendant une trentaine d'années, l'insécurité et les épidémies rendent la vie intolérable.

En 1357-58, les Caennais, las de tant de désordre, procèdent à la pacification de leur région. C'est à cette époque, en 1359 que le vicomte de Caen, Aimart Bourgoise, fait l'acquisition des terres de Cagny.

Quelques années plus tard, Charles V, aidé de Bertrand Duguesclin chasse les Anglais et rétablit l'ordre. La prospérité revient et durera le temps d'une génération.

Aimart Bourgoise fait profiter le village de sa fortune. C'est en effet à lui qu'on doit la tour et le chœur de Saint-Germain de Cagny.

En 1419, la Normandie est entièrement reconquise par le nouveau roi d'Angleterre, Henri V qui établit un régime d'occupation. Des Anglais sont aidés par des "collaborateurs" dont Louis Bourgoise, fils du précédent.

Mais la reconquête française, commencée vers 1440 s'achève avec vigueur et succès en 1450. Et heureusement, le gendre de Louis Bourgoise, Robert de Wargnies, sauve l'honneur de son beau-père en prêtant main forte au roi de France venu délivrer la bonne ville de Caen .

Les descendants des Wargnies possèdent la terre de Cagny jusqu'en 1538 où Jacques Mesnage, originaire de Bayeux, docteur et professeur ès droit à l'université de Caen, conseiller au parlement de Rouen, maître des requêtes, ambassadeur en Suisse, en Angleterre et auprès de Charles Quint sous François Ier, l'achète à Jean de Wargnies.


Cette partie du château de Cagny, démoli en 1944, datait de la fin du XVIe s.

L'Ancien Régime

(1632 - 1789)

Les registres paroissiaux du Mesnil Frémentel et de Cagny nous renseignent sur la vie des gens des XVII et XVIIIe siècles.
De nombreux enfants meurent dans les premiers jours de leur vie et même dans les premières heures. Quelques semaines après l'accouchement, la maman va à l'église faire "ses relevailles" pour se "laver" du pêcher qu'elle a commis en concevant l'enfant !
Il y a un nombre important de décès par maladie. On sait qu'au milieu du XVIIIe siècle, il y a un médecin à Cagny. On trouve trace de la peste au début du XVIIe siècle et de la dysenterie au début du XVIIIe.
Les pauvres vivent souvent d'aumône. Les morts par accident sont assez fréquentes. Il y a les accidents du travail, les accidents de la route, assez nombreux déjà à cette époque et les actes de violence.

Les routes sont très mal entretenues. En 1796, la diligence met deux jours pour joindre Paris.

A la fin du XVIIe siècle, les membres de la famille Mesnage de Cagny abjurent de la religion protestante.

Les bénédictions de cloches, fréquentes, sont également répertoriées dans les registres. De 1685 à 1760 les mêmes cloches sont refondues, alourdies et rebaptisées plusieurs fois.

À la fin du XVIIe siècle, des assemblées (réunions) des hommes du village sont tenues pour l'organisation de la collecte de la taxe sur le sel, la gabelle et de la taille et l'élection du collecteur de sel.


Plan de Cagny et Frénouville en 1772

 

Citoyens, chez "LE ROY"!

(1789 - 1800)

En 1788, la population de Cagny, essentiellement paysanne, peut être estimée à 360 âmes.
Gabriel-François Mesnage, âgé de 72 ans, est le seigneur et patron de Cagny. Il est aussi maire de Caen. Il fait partie des privilégiés de Cagny, exemptés de la taille. Le 17 mars 1789, il est parmi les gentilshommes qui prennent part aux assemblées de la Noblesse pour l'élection des députés aux États Généraux.
A la Révolution, le seigneur de Cagny doit certainement être apprécié des villageois car il ne part pas en exil comme beaucoup d'autres nobles. Par contre, la vindicte populaire s'abat sur l'église en 1791 car le curé refuse de prêter serment à la Constitution. Les "bons" citoyens pillent et dévastent l'église Saint-Germain. Le curé est illico remplacé par un curé constitutionnel.
Comme ailleurs, les pouvoirs d'État Civil passent au Maire.
A partir de décembre 1795, les communes perdent leur autonomie. Elles sont administrées par un conseil siégeant au chef-lieu de canton. Cagny est chef-lieu d'un canton comprenant neuf communes : Cagny, Le Mesnil-Frémentel, Frénouville, Le Poirier, Soliers, Grentheville, Giberville, Demouville et Cuverville.
Au début, le conseil cantonal se réunit chaque décadi dans l'ancien presbytère du Mesnil-Frémentel, puis à l'auberge de La Roue d'Or à Cagny, chez le citoyen dénommé Leroy ! Le conseil éprouve des difficultés à faire respecter l'interdiction de sonner la messe et l'angélus, mais aussi l'obligation pour les cultivateurs d'approvisionner en grains les habitants. Le canton est doté d'un bataillon de  la garde nationale comprenant plus d'une trentaine d'hommes répartis dans les différentes communes.
Depuis quelques temps, le canton n'a plus d'instituteur. C'est pourquoi l'administration cantonale accepte avec empressement la proposition de nomination de Marie Magdeleine Adélaïde Béziers par le Jury d'instruction publique du district de Caen.
Pour assurer le recrutement de l'armée, on a institué le service militaire obligatoire. Le 22 floréal an VII (11 mai 1799), le conseil cantonal se réunit pour désigner les douze jeunes gens par tirage au sort. La mesure est impopulaire. Les désertions sont fréquentes.
L'administration cantonale organise de nombreuses fêtes : fête de la jeunesse avec le concours "des jeunes gens, des vieillards et des défenseurs de la patrie ayant reçu des blessures honorables", fête des époux, fête de la fondation de la République "à l'ombre de l'arbre de  la Liberté", fête des laboureurs, cérémonie relative à "la juste punition du dernier roi des Français".

Au temps des dentellieres

(1801 - 1842)

Les communes reprennent leur autonomie en mai 1800.
Les conseillers municipaux, le maire et l'adjoint sont nommés par le préfet. Le budget est décidé par le conseil municipal.
Parmi les maires de cette période figure Louis Auguste Eléonore Mesnage de Cagny. C'est sous son mandat qu'ont lieu des transformations assez importantes dans le village. Durant la Révolution, Louis Mesnage ne s'est pas exilé, ce qui lui vaut l'estime de ses concitoyens. Cette estime se transforme en respect et admiration à son retour de captivité en 1814. Lieutenant-colonel dans l'armée de Napoléon, il a été fait prisonnier deux ans auparavant lors de la retraite de Russie. Maire de 1815 à 1824, il en profite toutefois pour procéder à un remembrement de ses terres.Le cimetière auprès de l'église est devenu trop petit pour les quelques 400 habitants de la commune. Il est transféré route de Troarn et l'emplacement de l'ancien cimetière est cédé à la famille Mesnage.

Au début de ce siècle des ormes sont également plantés en bordure de la route nationale. Ces "ormes de Napoléon" seront abattus au moment de la guerre de 1914-18.Le 2 mars 1826 le conseil municipal donne son accord pour le "fusionnement" des villages du Mesnil Frémentel et de Cagny. L'instituteur exerce son métier sur Cagny, Le Mesnil, Emiéville et Manneville.
Un plan cadastral, nommé plan napoléonien, est établi en 1826.
La population est assez pauvre. Sur l'état nominatif des habitants de 1841 on remarque une très forte proportion de dentellières, 147 sur 460 habitants, soit 1/3 de la population. La plus jeune a 7 ans.
Les dentellières sont à l'ouvrage de 6 heures du matin à 22 heures.
La commune dispose d'un budget pour les indigents et les enfants trouvés qui ne sont pas rares. Chaque semaine, elle reçoit 45 à 50 mendiants jusqu'en 1841.


Le bon, le beau, le brave Louis Mesnage de Cagny.

Les premiers trains

(1842 – 1884)

En 1848 une salle d'école, un logement d'instituteur et une salle de mairie sont construits à la sortie de Cagny en direction de Lisieux (actuelle pharmacie).
L'élevage occupe une grande place dans les activités de la commune. Mais le changement le plus important du siècle pour la vie du village est sans conteste la construction de la voie de chemin de fer Paris-Caen. Dès la fin de 1855, les villageois ne voient plus la diligence de Paris s'arrêter au relais de poste de la Roue d'Or.
La composition de la population de Cagny oscille entre 456 et 499, le nombre de maisons, entre 118 et 123.
Après moult débats, un bureau de poste est installé à Cagny en 1892. Jusqu'à ce moment Cagny était desservi par la poste de Bourguébus et les Cagnais se plaignaient que le courrier n'arrivait qu'entre 11 heures et midi !
André Costé marquis de Triquerville est maire de 1874 à 1879.
Son successeur, Louis Hébert, est cultivateur. Il célèbre la Fête Nationale avec brio. Il fait pavoiser les édifices publics le 14 juillet et le dimanche suivant. En 1880, les Cagnais ont droit à une revue des sapeurs pompiers du village comme jamais ils n'en ont vu à Cagny.
Monsieur de Triquerville reste conseiller municipal jusqu'en 1884. Il a élu domicile à Cagny dont il assure l'essor grâce à l'élevage de chevaux de course.



Anciennes mairie et école construites en 1848 - emplacement de l'actuelle pharmacie

La cité du cheval

(1884 – 1919)

En 1899, une mission est prêchée par un rédemptoriste venu à Cagny pour cette tâche. Celle-ci se concrétise par l'édification d'un magnifique calvaire en granite de Vire à l'angle de la route de Paris et du chemin de Frénouville (impasse du Château d'Eau).
La chapelle de Notre-Dame des Sept-Douleurs au bout du cimetière est bénite le 6 juillet 1902. C'est un ex-voto réalisé par le curé de Cagny et l'intendant du château.
En 1898 le conseil réclame la création d'un poste de "facteur-boîtier". Un bureau télégraphique est créé en 1899. En 1906 le village est raccordé au réseau départemental du téléphone. L'expédition du courrier à 11 h du matin les dimanches et jours fériés est supprimée "pour éviter le principal obstacle à l'attribution du repos hebdomadaire."
L'usage de la bicyclette est si important qu'un débitant de Cagny nomme son établissement "Aux Cyclistes".
L'agriculture est prospère. En 1894 on compte 19 fermes à Cagny. Au château, on fait installer un groupe électrogène dès le tout début du siècle. Le châtelain sera le premier à posséder une voiture à Cagny, une De Dion-Bouton 1903.
Dès la fin du XIXe siècle, Cagny devient un centre important de l'élevage des chevaux.
Adolphe Lébaudy, qui est maire de 1898 à 1923, installe ses trotteurs dans les boxes de l'actuel n° 17-19 route de Paris. C'est le plus gros éleveur de Cagny. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1900, en qualité d'éleveur et maire de Cagny.
En 1906, on dénombre 339 équidés. C'est aussi le chiffre de la population.
En 1912, Émile Neveux, entraîneur-jockey vient s'installer à Cagny.
Mais déjà la guerre s'annonce. Au début d'août 1914 tous les hommes en âge de faire la guerre s'en vont, laissant leur ferme, leur boutique, leur atelier à leur femme, aux jeunes et aux vieux. Certains partent le cœur léger, ils pensent être de retour trois semaines plus tard !
En avril 1915 les pères de familles nombreuses sont démobilisés. Mais les nouvelles tant redoutées des femmes et des mères arrivent bientôt. Quinze Cagnais ne reviendront jamais.
La situation devient de plus en plus difficile surtout pour les familles nombreuses qui ne disposent pas de terre à cultiver. Les victuailles sont si rares qu'il n'existe même pas de marché noir.
Enfin, le 11 novembre 1918, c'est le soulagement. A l'annonce de la nouvelle, on laisse exploser sa joie, tout le monde s'embrasse, se congratule. On pavoise, on fête la fin du cauchemar.


Grande rue de Cagny au début du XXe s

L'entre-deux-guerres

(1920 – 1939)

Au château, on cesse l'élevage des chevaux. Mais l'activité chevaline se poursuivra à Cagny jusqu'à la seconde Guerre Mondiale.
Émile Neveux contribue le plus à faire la renommée de Cagny. Cet entraîneur-jockey jouit d'une grande notoriété dans le monde des courses. Malheureusement, la guerre de 1939-45 détruit ses installations et Émile Neveux doit cesser ses activités en 1948.
Après la Grande Guerre, l'automobile remplace peu à peu le cheval. On voit apparaître les premiers tracteurs agricoles à Cagny vers 1920 et avec eux le premier garage de mécanique.
La route nationale 13 est goudronnée pour la première fois en 1923.
Une autre invention moderne fait son apparition dans les foyers de Cagny à la même époque, l'électricité. Le bourg de Cagny commence à en être équipé en 1920. L'éclairage public est installé en 1923.
A partir de cette époque, les femmes de Cagny commencent à réclamer l'installation de l'eau courante. Mais le conseil s'y refuse, la commune n'étant pas assez riche. A cette époque les femmes n'ont pas le droit de vote. Elles obtiendront l'eau courante et le tout à l'égout (en même temps que le droit de vote !) après la guerre 1939-45.
Après la guerre 1914-18, la commune compte 359 âmes dont 17 réfugiés et 54 étrangers qui vivent dans 99 maisons à raison de 3,5 personnes par ménage. Un nouveau métier apparaît sur les feuilles de recensement, celui d'ouvrier d'usine. Il s'agit principalement des hommes qui travaillent aux Hauts Fourneaux qui se sont installés à Mondeville en 1913.
Le conseil municipal est mené par Adolphe Lébaudy. Il décède en 1923. Henri Philippe, exploitant agricole le remplace.
La population augmentant sensiblement - elle est de 434 en 1936 - l'une des principales œuvres de la municipalité est la construction de la nouvelle école composée de deux classes et d'un logement d'instituteur ainsi que de la mairie au n° 2 de la route de Paris. L'ensemble est inauguré en 1933 par Henri Chéron, député de Lisieux, ministre de l'agriculture.
Chaque dernier dimanche de juillet, à la Saint-Germain, c'est la fête patronale. Ce jour-là, les forains installent sur le grand trottoir de l'ancienne mairie (pharmacie) un manège, un stand de tir et divers stands. La Lyre Amicale de Frénouville-Cagny défile et donne l'aubade. L'après-midi, on assiste à une course cycliste qui se déroule sur la piste d'entraînement des chevaux de course. La fête se termine par un bal qui est donné sur le trottoir de la mairie-école et déborde parfois sur la chaussée.
Il n'y a pas de salle des fêtes. Quand on veut organiser une "assemblée", on demande à utiliser le manège. Des bals masqués, des manifestations humanitaires y sont organisées. En 1934, un représentant du colonel de la Rocque y organise une importante assemblée des Croix de Feu.
En 1938-39 des Espagnols, fuyant la dictature de Franco viennent s'installer à Cagny.




Le jockey et entraîneur Emile Neveux en 1936

 

L'occupation allemande

(1939 – 1944)

Le 3 septembre 1939. Sur une population de 434 habitants, une petite trentaine d'hommes partent pour la guerre. Trois jeunes Cagnais n'en reviendront pas : Pierre Turmel, Emile Goueslard et Roger Devinast.
Le 20 juin, les Allemands arrivent à Cagny. Les soldats, élisent domicile dans les deux classes de l'école.A partir de la fin juillet on commence à voir revenir les hommes de Cagny qui sont démobilisés ou qui se sont "eux-mêmes" démobilisés après la débâcle de l'armée française.
Au mois d'octobre 1940, d'autres Allemands arrivent. Ils sont répartis un peu partout dans Cagny, chez les habitants. Ils interdisent de tuer les daims du parc, si bien qu'en 1944, le nombre des cervidés s'est accru pour atteindre 70 environ, alors que les habitants éprouvent de grosses difficultés à se nourrir !
Tous les produits de première nécessité sont rationnés par un système de tickets fournis mensuellement par la mairie en fonction du nombre des membres de la famille et de leur âge.
L'occupation allemande apporte la souffrance à un garçonnet de 9 ans, Jacques Trihollet qui, profitant de l'absence momentanée de sa maman, joue avec une grenade qui explose, lui arrachant le bras droit et lui crevant l'œil gauche.
Dans l'hiver 1940-41, les fils téléphoniques le long de la Nationale13 sont coupés de nombreuses fois. Les Allemands ordonnent au maire Henri Philippe d'organiser un service de garde de la route nationale sur le territoire de la commune.
En 1942, le régime de Vichy instaure le Service du Travail Obligatoire. Chacun essaie de s'y soustraire en utilisant des moyens plus ou moins originaux. Grâce au docteur Derrien d'Argences, Miltiade Morice se fait opérer d'une appendicite imaginaire à l'hôpital. Eugène Bréard n'hésite pas à se couper un doigt à la main pour ne pas partir au S.T.O.!
Au Mesnil, un cheminot, Maurice Arrot, dépendant d'un réseau de résistance fer est "donné". Il est arrêté et emmené à la prison de Caen. Il sera exécuté avec environ quatre-vingt camarades le jour du Débarquement.
A Cagny, un autre employé de la S.N.C.F., Gustave Noël, en plus du travail de propagande patriotique du Front National (rien à voir avec l'actuel Front National), participe au sabotage des locomotives.
A partir de la fin mai 1944, les Allemands réquisitionnent les hommes pour planter des grands pieux, les "asperges de Rommel", dans tout espace susceptible de servir de terrain d'atterrissage.
Le mardi 6 juin 1944, les instituteurs, Monsieur et Madame Aubin sont réveillés en pleine nuit par des bombardements. Ils entendent un vacarme de bottes dévalant l'escalier. Un Allemand lance : "Gross alarm ! Gross alarm !" Moins d'une demi-heure suffit à vider Cagny des engins allemands.
Dans la matinée, quelques hommes ramassent les corps disloqués des six aviateurs abattus dans la nuit. Les menuisiers fabriquent des cercueils et les femmes donnent des draps. Ces soldats reposent encore au cimetière de Cagny.
Alors chacun creuse son abri d'une manière plus ou moins heureuse.
Dans les jours suivants, des bombardements sporadiques incitent un certain nombre de familles à évacuer. Les personnes qui restent commencent à s'habituer à ce nouveau mode de vie, passant toutes les nuits dans la paille des abris ou, pour les plus débrouillards, sur des paillasses volées aux Allemands. Au Mesnil, un obus anglais tue le jeune Bernard Piton et blesse sérieusement son frère Michel.
Tout se trouve paralysé. La vie commence à être difficile à Cagny. L'accident du petit Bernard décide de nouvelles familles à quitter le village.
Jusqu'au 12 juillet, il règne une grande activité parmi les Allemands. Les chars vont et viennent, n'hésitant pas à démolir les murs qui les gênent. On voit parfois des soldats qui reviennent du front, affolés, les yeux hagards, affamés, sales. Ils se réconfortent l'espace de quelques heures avant de repartir au front.
Enfin, le 13 juillet, l'ordre d'évacuer arrive. Tous les Cagnais se mettent en route, avec des moyens de transport hétéroclites. Marcel Marie, sa femme et le petit Jean-Claude âgé de 18 jours arrivent après cinq jours de route à Châteaudun dans l'Eure-et-Loir.
Les Allemands se mêlent à la foule sur les routes qui deviennent les objectifs des raids de l'aviation alliée. Les avions allemands tirent aussi sur les convois de réfugiés !

 

Gustave Noël, employé de la SNCF, Résistant FTPF entre le 20 septembre 1941 et le 15 juillet 1944


Tous les habitants de Cagny durent évacuer le 13 juillet 1944

La Libération

(18 juillet-17 août 1944)

Le 18 juillet 1944, les Cagnais sont loin quand éclate l'opération Goodwood, l'attaque la plus massive qu'aient encore lancée les Britanniques depuis le début des opérations. La moitié de la IIe Armée y prend part.
La zone de départ de cette attaque est la région de Ranville, tête de pont aéroportée depuis le Débarquement. L'axe de l'attaque part vers le sud, passe entre Demouville et Sannerville, puis bifurque à l'ouest de Cagny, en direction de Bourguébus.
À 5 heures du matin, 2 000 avions déversent pendant près de trois heures 8 000 tonnes de bombes. Cagny est à la fois l'objet des bombardements aériens et la cible des tirs d'artillerie intermédiaires et lourds ainsi que des obus de marine dont certains creusent des cratères de 15 mètres de diamètre ! A lui seul le village reçoit 650 tonnes de bombes, ce qui représente une tonne de bombes sur 300 m² !
Les dégâts sont considérables. De nombreux engins allemands sont mis hors de combat. Le choc psychologique de cette terrible épreuve marquera les soldats allemands pendant longtemps.
À 7 heures 45 du matin, les hommes de la 29e Brigade Blindée (11e Division Blindée Britannique) mettent les moteurs de leurs chars en marche et partent en direction du "couloir", entre Escoville et Sainte-Honorine la Chardonnerette.
Jusqu'à 10 heures 30, la progression se fait plutôt bien. Le 2e Fife and Forfar Yeomanry a progressé jusqu'à la voie ferrée Caen-Paris sans incident particulier. A ce moment, le 3e escadron qui est derrière, entre Cagny et Le Mesnil Frémentel, est décimé par une batterie de 88 mm allemande épargnée par les bombardements et qui tire depuis Cagny. Un peu plus tard, les chars lourds allemands (Mark IV et Tiger) venus de Manneville tentent deux contre-attaques sans succès immédiat. Mais la progression est stoppée.
Ce n'est qu'à 16 heures que le bourg de Cagny, ou ce qu'il en reste, passera aux mains des hommes de la British Guards Division. Le front se stabilisera ensuite entre Cagny et Frénouville.
Dans l'axe de l'attaque, après de durs combats à Hubert-Folie et Bourguébus en particulier, les chars de la 7e Division Blindée Britannique n'atteindront la crête de Bourguébus que le lendemain soir.
Le 20, un orage violent et prolongé s'abat sur la région, noyant les espoirs britanniques. La progression sur le terrain est assez faible, mais les pertes en hommes du côté britannique sont assez limitées. Par contre, les pertes en matériel sont énormes. Sur 1000 chars engagés, 400 sont détruits dont 250 irrémédiablement.
La conséquence immédiate est le regroupement sur cette partie du front d'une importante partie des moyens allemands, soulageant du même coup le front des Américains qui, dès lors, progressent beaucoup plus vite.
Le 18 juillet 1944, Cagny est libéré de l'occupation allemande. Mais durant le mois qui suit, il faut tenir le front. Le village et ses environs sont le théâtre d'hostilités continuelles entre les unités d'infanterie britanniques et allemandes.
Du 22 au 25 juillet, trois bataillons de la 159e Brigade d'Infanterie de la Division de Highlanders (Écossais) prennent position dans le secteur de Cagny, Frénouville, Le Poirier.
A partir du 25 juillet, le 7e Bataillon The Duke of Wellington's de la 147e Brigade d'Infanterie Britannique tient le front jusqu'au départ des Allemands le 17 août, début de la défaite allemande en Normandie.

opération Goodwood

Cagny après les bombardements du 18 Juillet 1944


L'église de Cagny le 19 juillet 1944

La reconstruction

(1945 – 1960)

Dès la nouvelle de la fin des combats dans le secteur de Cagny, les habitants en exode commencent à rentrer. A leur retour, quelle désolation ! Tout a été soufflé, pulvérisé : tout le centre de Cagny. La route de Paris, encombrée de cailloux, de gravas et de débris divers, parsemée de trous remplis d'eau sale, est impraticable. Les Anglais ont tracé une déviation provisoire dans le parc au sud de l'école. De nombreux engins de guerre sont éparpillés dans la campagne. De certains chars dépassent encore un pied, un bras humain. Au loin, on peut voir des carcasses de vaches les pattes en l'air la panse énorme, prêtes à éclater. Une odeur inoubliable a envahi Cagny, odeur de poussière, de brûlé, de mort.

Les premiers arrivés logent là où ils peuvent : dans un boxe à chevaux, dans les décombres sans toit. Très vite les Américains attribuent des petites cabanes en bois préfabriquées que les autochtones nomment "baracatastrophes".

Tout le monde est démuni. Il n'y a plus d'électricité, plus de téléphone. Presque tous les puits sont contaminés. Le village est alimenté en eau par des citernes. Tout manque. La plupart des produits de première nécessité, savon, pain, sucre, chaussures, ... sont rationnés.
Depuis la fin des hostilités jusqu'en octobre 1944, cinquante familles rentrent à Cagny. Dans l'année qui suit, cinquante autres rentreront.Pour aider les habitants dans leurs multiples tâches de réhabilitation du village, y compris le déminage, le conseil municipal obtient un commando de 12 prisonniers allemands pendant une période de six mois.Sur les cent-dix habitations qui existaient à Cagny avant juin 1944, aucune n'est intacte. Cent sont totalement détruites, les dix autres le sont partiellement. En 1948 la commune se verra décerner la Croix de Guerre. Elle sera citée à l'ordre du Régiment : "Village détruit aux neuf-dixièmes lors des combats à l'Est de Caen. S'est remis au travail avec courage".

Les Canadiens et les Finlandais donnent des baraquements à la commune.
En février 1945, la salle de la mairie est le seul bâtiment communal qui soit réparé, du moins provisoirement.
Elle sert donc à la fois d'école, de mairie et d'église.Les élections municipales se disputent sur les problèmes d'urbanisme et de remembrement liés à la reconstruction. La solution qui consiste à rejeter l'agglomération du côté sud de la Nationale, tout en permettant d'apporter à celle-ci la rectification d'alignement nécessaire à la fluidité de la circulation est finalement retenue.

Le maire, Henri Philippe décède en 1947. L'œuvre du conseil municipal dure encore plusieurs années. La mairie et l'école sont restaurées en 1948-49. Le centre de Cagny change vraiment en 1950-51. On profite des travaux pour installer la distribution d'eau potable à partir d'un château d'eau. En même temps la sucrerie se construit. On installe aussi le tout à l'égout et une station d'épuration.

En 1954 le bureau de poste intègre ses nouveaux locaux. Le clocher de l'église est restauré et une nouvelle nef est construite en 1960. Avec l'inauguration du Foyer Rural la même année, le centre de Cagny connaît désormais le visage qu'il possède aujourd'hui.

le château et sa ferme après les bombardements

Cagny avant la reconstruction en 1950

Masse cuite et vergeoise blonde

(1950 – 1972)

Au début des années cinquante, la population de Cagny augmente soudain et sa composition sociale change. Aux ouvriers des Hauts Fourneaux et de la SNCF encore en petit nombre s'ajoutent ceux de la Sucrerie.
Entre novembre 1950 et octobre 1951, l'usine, une cité de quarante-cinq logements et un centre d'hébergement pour les employés, le "célibat" sont construits.
En même temps que la sucrerie s'installe, l'édification des commerces du centre de Cagny se termine. Les différentes départementales qui aboutissent à Cagny sont goudronnées pour la première fois.
En 1953, Le conseil municipal, nouvellement élu, instaure la gratuité totale des fournitures scolaires pour les enfants de l'école primaire.  En 1956-57, les rues Lebaudy, des Écoles, du Foyer Rural et Henri Philippe voient le jour. La population augmente à nouveau. Il faut construire une autre école au sud de la rue des Écoles en 1960.
En 1959, l'éclairage public est installé rue de la Gare et route de Troarn. La même année, un nouveau maire est élu. Marc Pasquier ne manque pas d'idées. Il lance un emprunt auprès de la population pour financer l'agrandissement du groupe scolaire. Pour les personnes âgées à faible revenu, on construit le "bloc communal" (résidence Lébaudy) en 1961. En 1962, le projet d'une nouvelle zone industrielle le long de la route de Paris est lancé. On y accueillera les camions UNIC et la SANEP.
Le nombre d'habitants est passé de 514 en 1954 à 649 en 1961.
La population atteint le nombre de 1021 en 1968. Pour agrandir la "petite école", on procède à des travaux en 1969. En même temps, une salle omnisports est construite à proximité. Depuis cinq ou six ans un club de basket-ball très dynamique occupe un bon nombre de jeunes qu'il faut encourager et équiper en infrastructures.
Jusqu'en 1969, les fêtes de Cagny ne manquent pas d'éclat. Des grands jeux intervillages sont organisés avec  la Guérinière et Frénouville par exemple, on fait venir des vachettes aussi. Mais l'un des plus grands souvenirs que l'on gardera de cette époque est le récital en plein air de Jacques Brel en 1966. Son secrétaire étant le frère de Monsieur Pasquier, il avait gentiment accepté de venir à Cagny et d'offrir la recette du spectacle à la commune !

Cagny en 1957

Jacques Brel chante à Cagny en 1966


 

D'un siècle a l'autre

(1972-2004)

À part le lotissement de dix maisons au Lucet en 1979 dont les rentrées financières servent à la construction du centre de loisirs en 1981, il n'y a pas de nouvelles construction à Cagny entre 1969 et 1982, ce qui fait que la population a, petit à petit, vieilli et diminué. En 1982, la société d'H.L.M. du Pays d'Auge lotit les terrains du Parc faisant passer la population d'un seul coup de 874 à 1556 âmes. Les infrastructures doivent suivre : agrandissement de la poste, de l'école maternelle, construction d'un vestiaire et d'un terrain de foot-ball, de trois courts de tennis et d'une nouvelle mairie dans le parc de l'ancien château.

En vue de l'électrification de la voie ferrée Paris-Cherbourg, le passage à niveau de la gare est remplacé par un passage sous-terrain pour piétons et deux roues. En même temps, un pont supérieur est construit entre Cagny et Frénouville pour relier ce village à son hameau du Poirier.

A la suite de la célébration du quarantième anniversaire en 1984 de la libération du village, des liens se sont tissés entre les habitants et des vétérans et soldats de l'active du régiment des Grenadier Guards de sa Majesté. Après plusieurs visites, l'idée est venue de pérenniser ces relations par un jumelage avec le village anglais où se situe le dépôt des British Guards, Pirbright (Surrey). Ainsi, en été 1992, les deux villages ont-ils célébré leur jumelage au cours de grandes fêtes.

En 1994, à l'occasion du changement de mairie, le monument aux morts est transféré dans le parc de la mairie. Niché au milieu de la verdure, entre église et mairie, hauts lieux de la vie communale, c'est une ruine reconstituée à partir des pierres de l'ancien fumoir du château dénommé "maison des gardes". Une sphère armillaire y symbolise le temps qui passe.

Pour compenser le déboisement excessif de cette partie de la plaine de Caen, un programme de plantation d'arbres est lancé dans le Haut du Parc.

Toutes les énergies de la commune se sont assemblées pour fêter l'an 2000 les 24 et 25 juin. Pour l'occasion, après deux années de travail sous l'égide du Comité d'Animation, deux cents bénévoles ont présenté aux spectateurs venus en grand nombre une représentation inoubliable de 2h30 faisant revivre le siècle écoulé à Cagny dans un décor reconstituant la rue principale presque à l'identique avec la poste, l'école, le château pourtant disparu depuis 1944.

Le 18 juillet 2004, soixante ans après la libération du village, des vétérans de la division blindée de la Garde Britannique sont venus. Tous ont été touchés de l'accueil des habitants alors qu'ils avaient, à l'époque, détruit le village. Parmi les soixante-dix membres de la délégation, trente ont été décorés de la médaille du souvenir. Un grand spectacle rétrospectif suivi d'un feu d'artifice exceptionnel par sa beauté, sa mise en scène bouleversante ont profondément ému le millier de spectateurs. Le Major General Roberts commandant de la Household Division (Division de la Garde de la Maison Royale) et gouverneur militaire de Londres a conclu en espérant "que nous n'oublierons jamais l'esprit d'entente et d'amitié fondé pendant les jours terribles de la guerre et renforcé pendant ce week-end merveilleux".

Construction du lotissement du Parc en 1981

Jumelage avec Pirbright -Surrey en 1992

Le monument aux morts créé en 1994


La mairie inaugurée en 1993

Le blason de Cagny

En 1990, le conseil municipal de Cagny a décidé d'un blason pour représenter la commune.


Celui-ci représente un chien blanc et une coquille Saint-Jacques argent sur fond vert à cinq rayures blanches.
Le chien figure sur le blason pour la raison suivante. L'origine de Cagny remonte à l'époque romaine. Son nom aurait pour origine le latin "canius". Il pouvait s'agir d"un nom de lieu dérivé du nom latin "canis" (Cagny- le lieu du chien), ou fondé sur un nom d'homme "Canius" (Cagny = le lieu où vivait Canius), le nom "Canius" pouvant d'ailleurs avoir aussi un rapport avec le nom "canis". Ce nom pourrait également être celui d'une personne aux cheveux blancs (chenu).
En héraldique, la couleur blanche n'existe pas, mais dans notre cas, le fait que le chien soit blanc est important.
La coquille a été empruntée au blason de la famille Mesnage, seigneurs de Cagny qui ont vécu dans le village pendant près de quatre siècles. Elle signifiait qu'un ancêtre de cette famille avait fait un ou plusieurs pélerinages.
La couleur verte représente traditionnellement les équipes sportives de Cagny. Elle a de plus été employée par un certain nombre des seigneurs de Cagny dans leurs blasons.
Les cinq rayures rappellent l'existence dans les temps anciens de cinq églises à Cagny (Saint-Germain, Notre-Dame des Moustiers, Saint-Martin, Saint-Vigor et Saint-Jacques).
La croix de guerre a été décernée à la commune en 1948. Celle-ci a été citée à l'ordre du Régiment : "Village détruit aux neuf dixièmes lors des combats à l'Est de Caen (en juillet 1944). S'est remis au travail avec courage."

La devise de Cagny

Dans sa réunion du 2 septembre 1991, le conseil municipal a retenu pour notre village la devise suivante :
CAGNEIUM CONJUNGIT

Ce qui signifie :
CAGNY REUNIT

Ses membres sont partis de l'idée de "réunir" car ils pensent que c'est un des rôles d'une municipalité que de réunir les gens, les points de vue.
Cette idée de réunir est universelle, dynamique, ouverte, conviviale et de tous temps.
Y sont sous-entendues les idées suivantes : joindre, cimenter, lier, nouer, souder, rallier, adhérer, grouper, obtenir un consensus, faire converger, rapprocher les affinités, faire participer, susciter la solidarité, la convivialité.
Enfin, cette devise évoque une page de l'histoire de Cagny (la plus ancienne trace écrite connue) : A la fin du XIe siècle, toutes les terres de Cagny étaient divisées entre de nombreux seigneurs. Tous ces fiefs se trouvèrent réunis entre les mains d'une seule héritière, la belle Hadwise, qui épousa Hélie fils de Roger fitz Reinfrey qui prit le nom d'Hélie de Cagny.